catharisme
Spiritualité Cathare
extraits de «Spiritualité Cathare»
Introduction
(2/6)
 

extrait de «Spiritualité Cathare»
Introduction à l'histoire du catharisme
deuxième partie (2/6)

Texte de Charles Galiana

Extrait de Spiritualité Cathare, n° 33, printemps 1998



Il n'est pas inutile de rappeler que nous n'avons pas l'intention d'écrire un traité historique, il existe déjà d'excellents ouvrages sur le sujet. Il ne s'agit pas davantage d'une étude s'inspirant d'un quelconque mouvement spiritualiste ; nous voulons tout simplement répondre à la demande, plusieurs fois réitérée, de quelques amis désireux de mieux comprendre, dans un langage simple et dépouillé, ce que fut le catharisme. Par conséquent, nous ne dirons presque rien qui ne soit déjà connu de tous ceux qui se sont déjà penchés sur cette vaste question, si ce n'est notre point de vue parfois en désaccord avec l'historiographie du sujet généralement admise par les spécialistes.

Dans le premier volet de cette introduction, il a été rapidement brossé l'implantation géographique du catharisme depuis le Proche Orient jusqu'en Europe, ainsi que les raisons qui ont poussé l'Eglise apostolique et romaine à lancer une croisade meurtrière (1) contre une civilisation, la plus brillante de son temps peut-être, celle de l'Occitanie. Les principales sources écrites, connus à ce jour, permettant l'étude historique du catharisme ont été brièvement rappelées, comme d'ailleurs l'éclectisme de divers systèmes religieux auxquels le néomanichéisme n'a pas échappé. Cet emprunt, dont on retrouve aisément les traces, ouvre l'accès à une vaste bibliographie.

Quelques ouvrages de vulgarisation ont été conseillés.



Valeur des sources historiques

Quelle valeur accorder aux sommes, traités et sources judiciaires anti-cathares ? N'enseigne-t-on pas à l'université de Montpellier : «... Sans les registres de l'Inquisition, l'on ne saurait à peu près rien aujourd'hui de Montségur ... rien de ce que furent l'implantation réelle, et la signification religieuse du christianisme des Bons Hommes. Ce sont les registres d'Inquisition qui , paradoxalement, nous ont conservé le visage humain du christianisme des Bons Hommes» (2).

Et, concernant les auteurs des ouvrages de controverse anti-cathares, un autre historien contemporain, précise : «Il serait puéril de croire qu'ils déformaient à plaisir le religion qu'ils combattaient ; leurs auteurs mettent eux-mêmes leurs lecteurs en garde contre les calomnies faciles et les accusations ridicules dirigées parfois contre les cathares. Seuls les intéressent les points sérieux de doctrine, qu'ils discutent avec âpreté, mais avec, dans l'ensemble, une grande honnêteté intellectuelle ; c'est en particulier le cas du Liber contra Manichéos, de l'ancien vaudois converti, Durand de Huesca, de la Summa quadripartita, écrite à Montpellier par Alain de Lille, ou de la «Summa adversus catharos», de Moneta de Crémone, pour ne citer que les plus importants, sans oublier bien sûr la Summa, de l'Italien Rainier Sacconi qui se fit dominicain et inquisiteur après avoir été dix-sept ans Parfait cathare, et qui savait mieux que tout autre ce qu'était le catharisme» (3).

Une telle affirmation, bien qu'apparemment logique, est un jugement de valeur dont l'auteur n'a su se garder, Nous ne contestons nullement l'intérêt des sources judiciaires en général et de la littérature de controverse en particulier ; ces manuscrits, dont le but était évidemment de combattre le catharisme, sont, sous certaines restrictions, de précieux et irremplaçables témoignages pour la recherche historique. Des travaux remarquables ont été publiés sur la base de tels documents, matériaux par excellence de l'historien. Cependant, au risque de nous répéter, force est de constater que les archives conservées contiennent, pour l'essentiel, une littérature anti-cathare qu'il convient de traiter avec prudence car elle se substitue aux sources directes, c'est-à-dire aux manuscrits rédigés par les cathares eux-mêmes et presque tous détruits par l'Inquisition ou éliminés par les «hérétiques» qui, pour écarter les soupçons et les preuves éventuelles, supprimaient toutes traces écrites. A cette pénurie de pièces s'ajoutent, dans les documents qui nous sont parvenus, les interpolations, les ajouts ... Que valent, en effet, les faux témoignages, les mensonges (4), les dépositions arrachées par la menace ou la torture souvent pour assouvir la cupidité, tous éléments qui altèrent et déforment les sources historiques ? Les chercheurs qui ne prennent pas les textes au pied de la lettre sont confrontés à une méthodologie qui doit être exempte de tout préjugé, en évitant de mettre le passé à leur service personnel ou à celui d'une cause, Sans critique sérieuse et désintéressée des sommes et traités ou des actes judiciaires rédigés par les clercs et les notaires, on ne peut éviter l'inconvénient majeur de leur partialité. Des exemples peuvent être cités concernant la fragilité de certains procès verbaux, des altérations dans les textes et des interprétations abusives, en voici trois.

Jean Guiraud, dans son Histoire de l'Inquisition au Moyen Âge, rapporte que deux suspects d'hérésie sont interrogés mais l'un des deux, à la lecture de son témoignage, déclare n'avoir absolument lien compris à sa déposition alois que son compagnon affirme que c'était tout à fait la règle des cathares !

Afin d'entacher le catharisme de fanatisme et de le plonger ainsi plus profondément dans l'hérésie, le jésuite Gretser n'a pas hésité à interpoler une édition de la Somme, de R. Sacconi, précisant que l'endura, chez les cathares, était un suicide paf abstinence alimentaire ; cette fraude trompera d'ailleurs un gland nombre d'historiens.

Que dire de la fameuse lettre de Raymond V de Toulouse, écrite en 1177, pour informel le chapitre de Cîteaux de l'extension de l'hérésie cathare et son impuissance à l'enrayer ? C'est ni plus ni moins un faux ! Si tous les comtes de Toulouse, de Raymond V à Raymond VII, sont lestés catholiques, ils se sont aussi généralement montrés bienveillants envers tous leurs sujets, qu'ils soient catholiques, cathares, vaudois,juifs ou musulmans. Un tel document était sans doute destiné à marquer l'inconsistance de la foi catholique et à jeter le discrédit sui la politique de Raymond VI et de Raymond VIl, par rapport à Raymond V, bon serviteur de la papauté et adversaire des Bons Hommes. Ainsi, ce faux document légalisait implicitement l'action de l'Église pouf éliminer ces infâmes et malfaisants «hérétiques» : les cathares.

Les exemples de ce genre pourraient se poursuivie, ils démontrent qu'il est difficile d'affirmer avec exactitude coi le discours historique reste inévitablement subjectif. L'interprétation des événements qui nous intéressent est d'autant plus difficile qu'ils remontent à près de huit siècles et restent soumis, comme l'histoire en général, à la partialité d'interprétation de celui qui l'écrit. D'autre part, la rareté des sources historiques purement cathares aggrave le problème car en définitive l'histoire «officielle» de cette religion repose, pouf l'essentiel, sur les ouvrages de controverse et les documents judiciaires ; comment peut-on alors construire, sans s'écarter de la vérité, le vrai visage du catharisme sur la base de textes écrits par ceux-là mêmes qui l'ont combattu ?

A cela s'ajoute les dépositions déformantes de témoins laïcs ignorant presque tout de la religion des Bons Hommes ; ou encore des minutes de procès à une époque tardive, où le catharisme persécuté était devenu décadent. En effet, on relève dans les textes des déviations doctrinales, sérieuses conséquences de la pénurie et de la formation trop lapide des derniers ministres cathares>/A>.

En dépit de la littérature corrective, marquée notamment par les travaux de Déodat Roché, publiés dès la fin de la deuxième guerre mondiale, des philosophes comme Jean Guitton (L'Impur - Desclée de Brouwer - 1991) et des historiens subissent toujours, depuis le
Moyen Age, le leg défigurant de l'Inquisition en véhiculant des calomnies et des sornettes.

L'éminent historien Daniel Rops, prisonnier de son éducation, donne, dans son Eglise de la cathédrale et de la croisade (1952) son point de vue sur les cathares et le catharisme : «Anti-chrétienne, cette hérésie se dressait non pas pour réformer l'Eglise du Christ, mais pour l'abattre ... Si une société de parfaits avait été réalisable, elle se fut instantanément éteinte par le suicide rituel et la virginité totale ...»

Ne lit-on pas également dans sa biographie de Blanche de Castille (1977) : «La répression fut féroce, nul n'en doute, mais les innocentes créatures étaient aussi dangereuses que des vipères. Il est difficile de qualifier autrement des personnes qui allaient par les campagnes et les cités, proposant comme suprême idéal le suicide. (...) Les parfaits, petits hommes débiles et passionnés, au coeur sans espérance (...). Le mariage était interdit, la procession maudite ...»

De tels jugement démontrent bien les traces déformantes, voire caricaturales, dont sont porteuses les sources anti-cathares ; il convient à l'historien de les traiter avec grand discernement et impartialité.

Laissons finalement la parole, chargée d'humilité, au grand médiéviste Georges Duby : «Je ne crois pas qu'il reste beaucoup, parmi les historiens actuels, d'hommes qui adoptent encore le point de vue du positivisme d'il y a cinquante ou soixante ans, lorsque, dans l'essor des sciences exactes, le sentiment s'affermissait qu'il était possible d'atteindre une connaissance scrupuleusement vraie de ce qui s'est passé autrefois, qu'il était possible de construire une histoire scientifique.

Vraiment, je suis persuadé de l'inévitable subjectivité du discours historique ; du mien, en tous cas, tout à fait. Cela ne veut pas dire que je ne fais pas tout ce que je peux pour être le plus près possible de ce que l'on peut appeler la réalité, par rapport à cette imaginaire construction mentale qu'est notre discours»
.


Les origines du catharisme

Comme précisé dans le bulletin précédent, le catharisme est le produit de divers courants religieux et philosophiques qui l'ont précédé. Sa filiation historique est d'une telle complexité que la plupart des chercheurs actuels se refusent à soutenir une théorie. Parfois, au sein d'un même groupe, les divergences sont radicales, certains affirmant que le catharisme occidental et le bogomilisme venu de Bulgarie constituent la même religion, d'autres le contestant avec fermeté.

Les travaux de Madame Lucienne Julien adhèrent à la thèse, généralement admise, suivant laquelle le bogomilisme et le catharisme se confondent. Cette religion venue des Balkans est évidemment considérée comme «hérésie» par le plan religieux, et mouvement social dirigé contre l'oppression féodale. Le bogomilisme est une manière de synthèse entre deux courants qui l'ont précédé dès le Vème siècle : le paucilianisme et le messalianisme qui s'étaient propagés aux confins de l'Empire byzantin.

Le paucilianisme s'était formé sous l'influence des doctrines manichéennes, elles-mêmes fortement imprégnées par la pensée des gnostiques et leur vision dualiste de la création. Tandis que le manichéisme s'effaçait peu à peu de Byzance sous les sévères poursuites déclenchées contre les adeptes, le règne de l'empereur romain Justin Ier (527-565) permit l'apparition du paucilianisme. Manichéens et pauliciens présentent de telles ressemblances que de nombreux chroniqueurs bizantins confondent les deux mouvements (...)

L'autre courant de pensée qui joue un rôle important dans l'élaboration du bogomilisme est le messalianisme, de conception gnostique (...) conjugué avec le paucilianisme, il va donner naissance aux enseignements bogomiles (...) Le bogomilisme se propage rapidement dans les Balkans et en Asie Mineure dès le XIème siècle, puis se diffuse en Italie et en France où ses adeptes sont nommés patarins ou cathares (5).

Les travaux de Déodat Roché (1877-1978) sont catégoriques, la thèse de ce savant modeste et désintéressé, Études manichéennes et cathares (6), affirme que les cathares sont les successeurs directs des manichéens par le truchement de divers mouvements religieux notamment le paulicianisme et le messalianisme. Cette filiation est toutefois sévèrement contestée par des historiens et les nombreuses publications et interviews du professeur Anne Brenon.

Celle-ci rejette en bloc les travaux de D. Roché et par conséquent la filiation du catharisme par les bogomiles, «J'ai bien connu Déodat Roché et Lucienne julien qui lui succéda à la tête de la Société du Souvenir et des Études Cathares. En fait, je souhaiterais qu'il y ait accord entre nous et complémentarité, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui ... Déodat Roché a écrit l'histoire du catharisme sans être historien ? Et surtout il a travaillé sur des documents qui sont dépassés. Là où ça ne passe pas surtout c'est qu'il se soit référé à l'anthroposophie pour bâtir ses convictions historiques.

On peut reconnaître, en effet, l'hypothèse d'un lien avec le manichéisme, dans la mesure notamment où il y a affinité par le dualisme. Cela dit, les cathares ne seraient-ils pas les disciples du Christ ? Pour nous, ils sont bel et bien des "paléochrétiens" et ils illustrent une pulsion paléochrétienne reparue au Moyen Age. En réalité, le catharisme a tout pour être médiéval : un discours très scolastique par exemple. Dans ce contexte, la filiation par les bogomiles est pour nous une hypothèse caduque, et il semble que le dualisme cathare a plutôt une origine paléochrétienne»
(7).

Déodat Roché a travaillé sur les sources historiques qui, à notre connaissance, ne se sont pas foncièrement enrichies depuis sa disparition en janvier 1978. De plus, ce savant modeste et désintéressé a toujours soutenu et écrit que les cathares étaient de bons chrétiens voulant se rattacher au christianisme primitif ou paléochristianisme. Dans le cadre de ce travail d'information, il n'est pas de notre propos de répondre aux dénigrements de A. Brenon qui, depuis des années, ne cesse de remettre en question les travaux de D. Roché devenu, en dépit de toutes attaques, une figure incontournable des études contemporaines du catharisme. Une critique de l'ouvrage de Madame A. Brenon, Les cathares, a été publiée dans le bulletin n° 30, été 1997. Pour revenir à la question des origines du catharisme, il est intéressant de constater que Michel Roquebert, membre du Centre d'Etudes Cathares / René Nelli, comme A. Brenon, soutient une thèse différente par rapport à sa collègue. En effet, cet historien écrit : «La recherche contemporaine tient pratiquement pour acquis que le bogomilisme bulgare du XIème siècle et le catharisme que l'Occident connut du XIIème au XIVème siècles, constituent en fait une religion unique» (8).

Bien que M. Roquebert n'attribue qu'un rôle relatif à l'influence du manichéisme sur le bogomilisme, nous partageons tout à fait ce point de vue. Voyons de plus près les éléments sérieux permettant de soutenir une telle filiation. La thèse de J. Ivanov (9) fait ressortir l'étroite parenté, sinon la même identité, entre le bogomilisme et le catharisme. Les uns comme les autres ont eu entre leurs mains les mêmes textes sacrés, par exemple, le Livre secret ou Cène secrète, la Vision d'lsaïe ; la même prière essentielle : le Notre Père, etc. Le Rituel cathare est originaire d'orient. Le Rituel des bogomiles bulgares est identique à celui des cathares. Leurs dogmes, leur métaphysique, leur morale, leur conception dualiste, leurs formules rituelles ... sont d'une telle ressemblance qu'on ne peut les dissocier.

A cela, faut-il encore ajouter qu'un dignitaire bogomile, appelé Nicetas ou Nikétas, venu de Bulgarie, préside en 1167, près de Toulouse, le concile cathare de Saint-Félix-de-Caraman, dont le néologisme est Saint-Félix-du-Lauragais ! Rien d'étonnant aussi qu'on ait découvert dans les archives de Carcassonne l'Interrogatio Iohnnis (Cène secrète), apocryphe d'origine bogomile, déjà mentionné plus haut. De plus, au XIIème siècle, l'évêque Garattus, venu de Bulgarie, fonde en Lombardie l'Église cathare de Concorezzo, très étroitement liée aux Bonshommes languedociens qui, le moment venu, fuyant les persécutions, trouveront refuge chez leurs frères «italiens». Bref, les preuves historiques sont si nombreuses et précises qu'il paraît difficile, à l'exception de quelques historiens qui contestent presque tout sans jamais apporter la preuve du contraire, de ne pas admettre que les deux mouvements : celui des bogomiles et celui des Bonshommes, avec certes leur particularisme, peuvent être confondus dans ce que nous appelons aujourd'hui, le catharisme.



  1. Il s'agit évidemment de la croisade contre les Albigeois et non pas de la croisade des Albigeois comme un peut encore parfois le lire. Dans le contexte médiéval de la croisade, le terme générique de Albigeois désigne les hérétiques du Midi de la France : cathares, vaudois, ... D'autres définitions nous paraissent moins sérieuses sont proposées.

  2. Anne Brenon - Les cathares, vie et mort d'une Eglise chrétienne - J. Grancher, 1996 - p. 306..

  3. Michel Roquebert - La religion cathare - éditions Loubatières, 1986 - p. 4.

  4. Par cupidité, nous entendons les condamnations inquisitoriales prononcées contre des innocents jugés hérétique ; afin de s'approprier de leurs biens. Frappé d'anathème et excommunié, les biens de l'hérétique sont confisqués. Les maisons sont détruites avec interdiction de les reconstruire, y compris les maisons voisines si celles-ci avaient reçu un cathare. Comme l'écrit René Nelli, dans La vie quotidienne des cathares du Languedoc au XIIIème siècle (Hachette, 1969, p. 166) : «Tout ce que contenait les maisons était vendu au profit de l'Eglise, ainsi que les matériaux de la démolition (...) On confisquait aussi les terres nobles, les seigneuries, les biens des chevaliers (...) Une partie des confiscations servait à nourrir les prisonniers, à construire des Murs (prisons), à rétribuer le personnel de l'Inquisition ; une autre allait à l'évêque, à l'Eglise du lieu ; sur les terres soumises à l'autorité du roi, le Trésor prélevait sa part».

  5. Lucienne Julien - Cathares et catharisme, de l'esprit à la persécution, p. 21-28. Éditions Dangles 1990.

  6. Déodat Ruché - Études manichéennes et cathares - Édition des Cahiers d'études cathares - Arques 1952.

  7. Interview donnée par Anne Brenon et publiée dans les colonnes d'un périodique régional.

  8. Michel Roquebert - 0p. cit. page 6.

  9. Jordan Ivanov - Livres et légendes bogomiles, (Aux sources du catharisme) - Éditions Maisonneuve et Larose 1976.



 
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Responsable de la publication : Philippe Contal, pcontal{at}cathares.org | Éditeur : Histophile®
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