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Rennes-le-Château (le mystérieux trésor de l'abbé Saunière)
textes de Jean-Alain Sipra
«La Cité de Rhedae»
 


La Cité de Rhedae
(texte de Jean-Alain Sipra)


Le village de Rennes-le-Château est bâti sur l'emplacement d'un ancien oppidum, établi par les Ibères ou les Celtes Atacins avant la colonisation romaine. Par la suite, ce fut une forteresse qui dominait une cité légendaire, détruite probablement vers la fin du XIIe siècle, dont le nom était Rhedae.

La première mention connue de cette ville figure dans les écrits d'un savant évêque d'Orléans nommé Théodulf, qui se rendit en Septimanie en 798, comme " missus dominicus " de Charlemagne. Ce prélat était un " hispanus ", c'est à dire un Wisigoth d'Espagne qui avait fui les Musulmans. Réfugié très jeune en Septimanie, où il fit ses études, il devint, par la suite, l'un des proches conseillers de l'empereur.

S'inspirant des écrits du carcassonnais Guillaume Besse (1645) , l'historien local Louis Fédié émit, en 1877, la thèse très controversée depuis, que la place forte de Rhedae était de création wisigothique. La présence précoce des Goths en ces lieux est bien attestée par l'existence d'anciens campements de barbares Alains, établis après 438 par la patrice romain Aétius dans le sproches Corbières – à Lanet -, pour contrer leur pénétration vers Narbonne. Tout incite donc à penser que le créateur de Rhedae fut le roi Théodoric Ier de Toulouse – ou encore Théodorère – qui, d'après le chroniqueur Sidoine Apollinaire, s'empara de Carcassonne en l'an 440.

Rhedae, considérée comme la forme canonique du toponyme, est la tournure fléchie de Rheda, terme d'origine celte ou gothique passé dans la langue latine, qui signifie Chariot. A ses débuts, cette cité fut sans doute le dernier " carrago ", camp retranché habituel des barbares germaniques orientaux, où les chariots étaient disposés en cercles concentriques, selon la coutume des steppes. Abandonnés à un stationnement définitif en ce lieu, à la topographie très favorable, ils donnèrent naissance à une très importante place forte.

La cité, enclose de murs et dominée par sa forteresse, occupait une emprise au sol d'une quarantaine d'hectares. Son origine royale wisigothique est confortée par la présence de vestiges archéologiques enterrées, visibles sur une photographie aérienne prise par l'Institut Géographique National (I.G.N.) en 1980. Leur tracé est identifiable à celui d'un édifice de plan centré, de parti architectural constantinien et du type martyrium. L'importance de ses dimensions, et la domination des Wisigoths sur le site pendant trois siècles (440-720), portent à croire qu'il s'agissait probablement du mausolée dynastique des rois Balthes dits " de Toulouse ".

Ces monarques, qui régnèrent de façon héréditaire, de 419 à 510, sur un immense royaume qui s'étendait d'Orléans à Gibraltar, furent les suivants :
-Théodoric Ier, fils d'Alaric le Grand, mort à la célèbre bataille des Champs-Catalauniques, en Juin 451, Allié au patrice Aétius, ils avaient vaincu Attila, le " Fléau de dieu "
-Thorismund (451-453), Théodoric II (453-466) et Euric le Grand (466-484), ses fils
-Alaric II, son petit-fils (484-507)

Aprèès le désastre de Vouillé, en 507, où le roi Alaric II fut tué par Clovis, les Wisigoths en déroute se réfugièrent dans les contreforts pyrénéens en Septimanie. La très vulnérable cité de Carcassonne ayant été assiégée par Clovis en 508, le Trésor Royal fut probablement mis à l'abri dans la forteresse de Rhedae avant d'être confié, momentanément, aux soins du roi ostrogoth Théodoric le Grand dont un général, Ibbas, avait chassé les Francs de Septimanie.

Après l'assassinat du roi Amalaric, qui régna à Narbonne jusqu'en 531, le siège de la monarchie wisigothique passa en Espagne. Mais la Septimanie – à peu de choses près l'actuel Languedoc-Roussillon – demeura une province espagnole excentrée jusqu'à l'invasion musulmane de 720.

La conversion du roi wisigoth d'Espagne Récarède au dogme de la Trinité, en 589, fut suivie d'une réaction arienne qui provoqua des troubles importants en Septimanie. Troubles au cours duquel les évêques de Carcassonne furent exilés à Rhedae, par le roi Withéric, de 603 à 610. Cet épisode, rapporté par Guillaume Besse, est confirmé par la correspondance, adressée vers 610, à la cours de Tolède par un comte wisigoth septimanien nommé Bulgar de Bulgaran : écrits qui ne furent étudiés et publiés qu'en 1892 seulement.

Par la suite, lors de l'expédition du roi d'Espagne Wamba contre l'usurpateur Paul, qui eut lieu en 673, cette place forte apparaît sous la forme Rodez. Le savant bénédictin dom Vaissette, qui avait relevé cette information dans " l'Histoire d'Espagne " du cardinal de Tolède Rodéric Ximénès de Rada (1240), était demeuré impuissant à localiser cette cité, qu'il savait ne pas être la véritable Rodez. Pourtant, avant lui, Besse avait remarqué que cette forme du toponyme était usitée, au treizième siècle, pour désigner Rhedae et citait, à l'appui, des passages de " l'Historia de los Antiguos Condes de Barcelona ", du moine Francisco Diago. Par ailleurs, la forme Rodes figure dansun document manuscrit détenu par la bilbiothèque de Carcassonne et qui concerne la confirmation de l'assignat de Pierre de Voisins en 1248. Auparavant, on trouvait les formes approchantes Rhedez et Redez, dans deux actes notariés datés de 1067 cités par dom Vaissette.

Guillaume Besse (1645) et, si l'on en croit Louis Fédié, l'évêque Pierre de Marca (1595-1662), rapportent que l'archevêque de Narbonne, fuyant l'offensive arabe qui eut lieu en 720, se serait réfugié à Rhedae. Et que lui et ses successeurs y seraient demeurés pendant toute la durée de l'occupation musulmane, c'est à dire trente neuf ans. Ce qui laisse supposer que cette place forte était demeurée aux mains des chrétiens. Enfin, de très vieux écrits espagnols, connus sous le nom de " Chronique Mozarabe de 754 ", nous apprennent qu'un ultime monarque wisigoth, nommé Ardo, aurait régné en Septimanie de 719 à 726. L'archevêque de Narbonne, alors ultime Primat d'Espagne, ayant son siège à Rhedae, tout porte à croire, par déduction, que ce fut probablement là que se tint la dernière cour royale wisigothique.

Après la reconquête carolingienne, cette cité devint le chef-lieu du comté du Razès, érigé par Charlemagne en 790, et qui échut au comte wisigoth Guillemund. Elle demeura, au plan spirituel, placée sous le magistère direct des archevêques de Narbonne.



 
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